mardi, 24 janvier 2017 16:14

Très haut débit : SFR passe à l’offensive

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Michel Paulin, DG et Philippe Le May (à gauche), directeur exécutif réseaux Michel Paulin, DG et Philippe Le May (à gauche), directeur exécutif réseaux

SFR veut continuer à déployer activement des antennes 4G et renforcer son maillage du territoire en très haut débit.

 

Pour SFR [filiale d’Altice, tout comme le Journal des télécoms], l’heure est aux investissements. L’opérateur au carré rouge vient de finir une 2016 « exceptionnelle » - selon les termes de Michel Paulin, le patron de l’entreprise- tant sur le front du très haut débit mobile que du très haut débit fixe.
Depuis son rachat par Patrick Drahi, la capacité d’investissements de SFR laissait, pour le moins, dubitatif. La remise à plat de ses relations avec ses partenaires ainsi que les plans de réduction du personnel confirmaient les intentions de l’opérateur : rationnaliser les dépenses.
SFR entend désormais replacer l’innovation et les investissements au cœur de sa stratégie. « Au cours du tout dernier trimestre de l’année 2015, nous avons relancé les investissements », assure Michel Paulin. Entre fin 2015 et fin 2016, SFR a multiplié les implantations d’antennes 4G. Il s’agissait de rattraper le retard accumulé sur ses concurrents. Avec 750 sites 4G mis en service en décembre, l’opérateur a déployé en 2016, à toute fin de l’année, bien plus d’antennes que ses principaux concurrents, Orange et Bouygues Telecom. « Nous voulons rester sur cette lancée », poursuit le patron de l’opérateur.
En matière de débit sur infrastructure mobile, l’opérateur a également fait des efforts pour rattraper ses concurrents et proposer sur son réseau de la 4G+, avec, à la clef, une très forte augmentation des débits. L’agrégation de trois porteuses (de trois bandes de fréquence) désormais pratiquée par SFR permet d’atteindre des débits de l’ordre de 300 Mbit/s. Plusieurs grandes villes françaises y sont déjà éligibles. « En juin, 18 agglomérations seront couvertes en 4G+ », indique Philippe Le May, directeur exécutif réseau.


Changer le cadre légal

SFR se sait également attendu sur le très haut débit fixe. Très critiqué par ses rivaux sur sa technologie (le coaxial) et mis à mal dans le débat sur la « vraie » fibre, l’opérateur veut mettre cette période derrière lui. « Tous les débats ne font pas sens », déclare Michel Paulin dans une volonté manifeste de mettre un terme définitif à la polémique.
« Nous avons rénové la boucle locale de Numericable. (…) Toutes technologies [de très haut débit] confondues, nous sommes capables de proposer des débits allant jusqu’ à 1 Gbit/s », précise Philippe Le May. Sur des offres accessibles au plus grand nombre, l’opérateur entend à partir de 2018, commercialiser des offres supérieures à 100 Mbit/s symétrique.
Très offensif, l’opérateur appelle à une plus juste répartition des déploiements des prises en zone moyennement dense. « Si le cadre légal n’est pas changé et s’il n’y a qu’Orange qui déploie, il ne sera pas possible d’atteindre les objectifs fixés en 2020 », plaide Michel Paulin. SFR, qui affiche 9,3 millions de prises, souhaite atteindre le chiffre de 11 millions de foyers raccordés à la fin de l’année 2017.

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