jeudi, 06 avril 2017 17:43

Les « petits » opérateurs veulent un accès au FTTH

Écrit par 
Jacques Bonifay, président d'Alternative Télécom Jacques Bonifay, président d'Alternative Télécom

Les membres d’Alternative Télécom réclament un accès au réseau FTTH d’Orange.

 


Les opérateurs alternatifs sont sur les dents. Transatel, Nerim, Prixtel ou encore Coriolis, réunis au sein de l’association Alternative Télécom (ex Alternative Mobile) réclament un accès à l’infrastructure FTTH de l’opérateur historique.
Dans le contexte actuel, la balance penche en faveur d’Orange. Le premier opérateur français, fort d’une part de marché proche de 80% sur le marché des entreprises, déploie depuis plusieurs années une infrastructure très haut débit dans tout le pays, surtout dans les zones denses. Orange peut donc proposer à ses clients des offres auxquelles ses concurrents n’ont pas accès. Un tel chantier, de plusieurs centaines de millions d’euros, reste hors de portée des opérateurs alternatifs. « Nous sommes face à un quasi-monopole », regrette Bernard Lemoine, vice-président d’Alternative Telecom et président de Nerim.
Ce quasi-monopole de l’opérateur historique provient surtout, selon les membres d’Alternatif Telecom, de l’absence d’offres de gros à destination des opérateurs. Une de gros leur permettrait de s’appuyer sur l’infrastructure FTTH d’Orange et de pouvoir commercialiser des offres très haut débit aux PME et aux TPE qui le souhaitent. Incapables de proposer ce type de services pour le moment, les opérateurs alternatifs assistent, impuissants au départ de leurs clients. « Nos clients nous quittent pour souscrire des solutions FTTH », assurent Bernard Lemoine. Le patron de Nerim et ses camarades d’Alternative Telecom attendent de l’opérateur historique une offre de gros activée, de manière pouvoir rapidement proposer une offre très haut débit fixe à leurs clients.
L’entrée d’un nouvel acteur sur le marché -Kosc Telecom- construit à partir du réseau de Completel ne change rien à la question du monopole d’Orange. « En faisant entrer un nouvel acteur sur le marché des entreprises, on organise un nouvel oligopole », assure Leonidas Kalogeropoulos, délégué général d’Alternative Telecom.


Perte de clients

Les opérateurs alternatifs ne veulent pas voir leurs clients les fuir les uns après les autres. Le regroupement d’opérateurs estime que l’Arcep et l’Autorité de la concurrence disposent des outils nécessaires pour faire plier Orange. En 2008 et en 2013, les deux institutions ont poussé les opérateurs munis d’un réseau, Orange en tête, à offrir de meilleures conditions économiques aux MVNO et leur fournir un accès aux technologies 4G. Alternative Mobile attend des conditions identiques pour la fibre optique.
Les membres d’Alternative Telecom n’ignorent pas qu’en pleine campagne présidentielle, leur appel risque d’être peu entendu. « Nous n’avons plus d’interlocuteur à Bercy pour le moment mais ça va venir », veut croire Jacques Bonifay, président de l’association. Pour autant, ils demeurent optimistes. « En Espagne, un accès au réseau FTTH a été organisé. Cela finira par se produire en France », affirme Bernard Lemoine.

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