mardi, 18 avril 2017 10:46

Fibre optique : les opérateurs alternatifs se fédèrent

Écrit par  Emile Marzolf
Nicolas Guillaume, secrétaire de l’AOTA et p-dg de Netalis Nicolas Guillaume, secrétaire de l’AOTA et p-dg de Netalis

Les opérateurs alternatifs du très haut débit français se sont associés pour créer l’Association des Opérateurs Télécom Alternatifs (AOTA) afin de se faire entendre d’une seule et même voix.

 Placée sous la présidence de David Marciano, également vice-président d’Adenis, l’Association des Opérateurs Télécom Alternatifs (AOTA), fondée en mars 2017, s’est donnée pour mission de fédérer les petits opérateurs régionaux du très haut débit afin de tenir tête aux ambitions du quatuor dominant, composé de Bouygues, Free Mobile, SFR et enfin d’Orange, qui semble concentrer toute l’attention de l’association. « Le problème aujourd’hui, c’est la prédominance d’un opérateur historique qui a hérité d’un actif non réplicable qui s’appelle le génie civil et qui empêche toute concurrence », confie Nicolas Guillaume, secrétaire de l’AOTA et p-dg de Netalis. Ce que l’AOTA demande - entres autres -, c’est qu’Orange ouvre ses infrastructures aux opérateurs alternatifs pour qu’ils puissent répliquer ses offres et l’aider à investir dans la fibre. Pour cela, encore faut-il être en capacité de se faire entendre. « L’objectif c’est d’abord d’expliquer qui nous sommes aux instances institutionnelles, comme l’ARCEP [Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes, ndlr] et l’Autorité de la concurrence, mais aussi au monde économique, qui ignore parfois même qu’il existe des opérateurs indépendants et locaux à même de fournir un service sur-mesure avec un accompagnement de proximité » poursuit-il.

Joindre les forces

Cette nouvelle organisation d’opérateurs est née de l’absence d’instance représentative des intérêts propres aux opérateurs commerciaux indépendants. « Nous avons voulu nous faire une place entre les trois organisations que sont la FFT [Fédération Française des Télécoms], qui réunit les plus gros acteurs, la FIRIP [Fédération des Industriels des Réseaux d’Initiative Publique], qui a plutôt des intérêts locaux et uniquement en zone d’initiative publique, et la FFDN [Fédération French Data Network], qui réunit les acteurs associatifs et qui n’ont pas les mêmes intérêts que les opérateurs commerciaux que nous sommes » explique le secrétaire de l’AOTA. La fédération n’a pas seulement vocation à faire du lobbying, elle entend également mutualiser les forces de ses différents membres afin de faire progresser l’ensemble du secteur sur les sujets où les indépendants accusent du retard, comme le marketing et la technique, fautes de moyens semblables aux leaders du marché. L’idée de la création de l’association est née il y a un peu plus d’un an, à l’initiative d’une poignée d’opérateurs indépendants. « Au fil des discussions, nous avons constitué un noyau dur d’une dizaine d’opérateurs ». Aujourd’hui, l’association compte 22 adhérents co-fondateurs, et elle devrait très prochainement compter une trentaine de membres pour atteindre la cinquantaine à l’horizon 2018 selon le secrétaire. Parmi eux, on trouve aussi bien des acteurs locaux au chiffre d'affaires inférieur à 500 000 euros comme Quantic Telecom et Voxity, qu’un Hexatel et ses 36 millions d’euros de chiffre d’affaires. Néanmoins, l’association exclut d’office les opérateurs virtuels, c’est à dire « ceux qui ne possèdent aucune infrastructure technique en propre et qui offrent leurs services uniquement par des agrégateurs ».

 

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