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La 3G, un pont vers le LTE
Les équipementiers savent que les opérateurs sont peu disposés à opter pour une infrastructure flambant neuve. L’une des solutions consiste ainsi à leur proposer d’optimiser l’existant.

par Thomas Pagbe

Le LTE (Long Term Evolution), base de la téléphonie mobile de quatrième génération (4G) entame sa longue marche vers la commercialisation. Désormais acceptée comme un standard d’avenir, cette technologie de communication sans fil est en passe d’être intégrée aux réseaux des opérateurs ; un constat d’évidence partagé par la majorité des équipementiers. Toutefois, les sommes induites par une telle migration pèsent encore lourdement sur les comptes des opérateurs télécoms. Conscients du poids financier de cette migration, les équipementiers se proposent d’accompagner leurs clients en douceur vers le LTE.
Pour Hans Vestberg, p-dg d’Ericsson depuis le mois de janvier, il est tout simplement « trop tôt » pour assister au lancement de services commerciaux à grande échelle. « Cela ne devrait pas intervenir avant 2012, voire 2013 », indique le responsable de l’équipementier suédois. Pour ce dernier, les pouvoirs publics jouent aussi un rôle important dans le décollage de cette technologie. Une attribution plus rapide des fréquences pourrait notamment doper le processus.

La 3G, un pont vers le LTE

Pour une partie des équipementiers, la migration doit être faite par étapes. Le chinois ZTE s’est quant à lui lancé dans une intense phase de test avec des différents opérateurs tels que Telenor, Vodafone et Telefonica. « Nous sommes actuellement en discussion avec Orange également » indique Antoine Jia, directeur marketing pour ZTE. Les équipementiers savent que les opérateurs n’abandonneront pas du jour au lendemain leur infrastructure 3G. L’une des solutions pour les inviter à migrer consiste ainsi à leur proposer un moyen d’optimiser leur réseau existant.
A Honk-Kong, CSL vient en outre de déployer une infrastructure HSPA +, capable d’évoluer vers le LTE. Le réseau fourni par ZTE permet d’assurer un débit de 21 Mbit/s. Dans son offre de produits, le chinois propose des équipements évolutifs adaptés au GSM, à la 3G et au LTE. « La seule différence entre ces technologies réside dans le logiciel » explique un porte-parole du groupe. ZTE mise ainsi sur des équipements hybrides capables de migrer d’une technologie à l’autre grâce à une mise à jour logicielle et sans investissements supplémentaires.

« Technologiquement parlant, les réseaux 3G ne sont pas épuisés, assure Olivier Cimelière, porte-parole d’Ericsson. Le HSPA peut aller jusqu’à 84 Mbit/s. Des possibilités existent encore avec la 3G ». Les équipementiers savent que la 3G n’a pas dit son dernier mot. « La 3G restera une technologie majoritaire » assure pour sa part Hans Vestberg.

Eviter la congestion des réseaux

L’américain Motorola voit l’adoption du LTE davantage comme une nécessité. Face à la croissance très rapide de l’usage des données, notamment suscitée par les smartphones, les opérateurs n’auront d’autre choix que de s’équiper. « Le LTE est certes un moyen d’optimiser son infrastructure, mais il constitue également une réponse à la surcharge des réseaux », affirme-t-on chez l’américain. Motorola pousse également les opérateurs à voir toute la valeur comprise dans ce nouveau type d’infrastructure.

Pour peser sur les choix futurs de leurs clients, les équipementiers rivalisent d’ingéniosité. ZTE veut être présent sur toute la chaîne technique en proposant des solutions clés en main. Motorola veut quant à lui fournir l’infrastructure, ainsi que des conseils pour la migration et le management du spectre. Ericsson mise quant à lui sur son savoir-faire. A ce jour, de nombreux opérateurs ont choisi de se lancer dans l’aventure avec l’équipementier suédois. Teliasonera, NTT DoComo, Verizon, AT&T et metroPCS ont délégué à Ericsson le déploiement de leurs réseaux.

« L’un des obstacles, analyse Olivier Cimelière, réside dans l’absence de terminaux. AT&T et Verizon vont sans doute proposer des combinés. L’écosystème se met doucement en place ».
Pour le moment, c’est surtout des équipements data (dongles USB, cartes) que l’on trouve dans de nombreux tests techniques actuellement en cours. Des tests qu’en France SFR devrait commencer dans les prochains mois avec Nokia Siemens Networks et Alcatel Lucent.


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Posté le 17-02-2010 à 13:54



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