Blackberry rassemble autour du NFC
Le constructeur a rassemblé quelques acteurs de l’écosystème NFC auquel il appartient autour d’une table ronde sur le thème des services « au-delà du paiement ». Une rencontre riche en retours d’expérience qui prouve que le NFC, c’est maintenant.
par
Ariel Gomez
La technologie mobile sans contact NFC (pour Near Field Contact) devrait l’un des sujets « chauds » de la rentrée et de la fin de l’année pour les acteurs de la mobilité. Opérateurs, constructeurs, intégrateurs et éditeurs d’applications se sont mis en ordre de marche pour faire décoller ce marché qui, à présent, bénéficie de la conjonction de tous les éléments nécessaires pour y parvenir : vaste choix de terminaux, technologies éprouvées, sensibilisation importante des donneurs d’ordres potentiels publics et privés… et impulsion donnée par le gouvernement à travers les 17 projets lancés par le gouvernement auprès des collectivités.C’est dans ce contexte que RIM France a organisé une table ronde sur ce thème (« NFC : bien au-delà du paiement mobile ») à laquelle étaient représentés de nombreux acteurs de l’écosystème NFC. Outre la puissance invitante, on y trouvait aussi des fournisseurs de technologie (Inside Secure), un opérateur (Orange), des éditeurs d’applications (Penbase, Snap/FidMe) et, des utilisateurs, en l’occurrence la ville de Bordeaux et l’aéroport de Toulouse Blagnac. De Terminaux-services : la question de la poule ou de l’œuf résolue« Le premier motif de non-développement du NFC, c’était l’absence des terminaux, explique Bastien Latge, vice président d’Inside Secure, un de deux grands fournisseurs mondiaux de puces NFC ». L’industriel, qui a vendu 11 millions de puces NFC en 2011, mise sur une forte progression en 2012. Par ailleurs, pour palier l’absence de cette fonction dans les terminaux plus anciens, il prépare avec un fabricant de cartes une technologie qui permet d’embarquer le NFC sur une carte SIM.D’après RIM, dont tous les nouveaux terminaux sont compatibles NFC, plus d’un smartphone NFC sur deux vendu en France au 1er trimestre est un Blackberry.« Le NFC donne un côté humain au service machine to machine, ajoute David Derrida, directeur produit RIM France. Nous avons développé des usages grand public comme le « touch and share » (passer une photo d’un terminal à l’autre, partager une musique, inviter quelqu’un sur BBM en approchant simplement les terminaux). Autant de services simples qui facilitent l’accès aux usages. Argument supplémentaire en faveur du développement à grande échelle des services : la France bénéficie d’un écosystème qui est porté par acteurs comme Orange et par des initiatives comme Citizy. « L’appétence [pour les services sans contact] vient lorsqu’on lance des applications qui parlent aux consommateurs, commente Didier Durand, directeur des services mobiles sans contact, Orange France. On commence à demander des modèles Citizy à son opérateur, et on trouve une signalétique pour les tags NFC à Paris, Bordeaux, Nice… Cela rassure le consommateur et facilite son le parcours ». Orange France prévoit en fin d’année 2,5 millions de téléphones NFC en France, dont 1,4 millions sur son réseau. « Il faut une gamme de terminaux, à différents prix, a ajouté Didier Durand, la question de la poule et de l’œuf [qui était celle des terminaux et des services] est aujourd’hui résolue ».Des projets concrets en coursL’aéroport de Toulouse Blagnac vient de démarrer (avec Blackberry, Orange et la Sita) un test auprès de ses voyageurs fréquents pour permettre à ces derniers d’utiliser un Blackberry NFC comme sésame multi usages.
Côté utilisateurs, l’aéroport de Toulouse Blagnac vient de démarrer (avec Blackberry, Orange et la Sita) un test auprès de ses voyageurs fréquents pour permettre à ces derniers d’utiliser un Blackberry NFC comme sésame pour accéder au parking, s’identifier au contrôle de sécurité, accéder au salon VIP ; puis au retour, retrouver sa voiture au parking et accéder à des informations sur la circulation. Pour sa part, la ville de Bordeaux, se dit « engagée dans l’industrialisation de services sans contact », comme l’explique Yann Mareschal, chef de projet numérique à la Mairie de Bordeaux. « Nous avons à la fois du code 2D et du NFC, et nous travaillons en collaboration avec la Communauté Urbaine de Bordeaux et l’agglomération ». Son objectif est d’intégrer la carte « Bordeaux Ma Ville » - qui embarque des services tels que le transport, l’accès à la piscine, à la patinoire – dans un téléphone NFC, sans pour autant supprimer le support carte, puisqu’on en dénombre une bonne dizaine de milliers en circulation. « Nous avons démarré l’expérience avec Orange en mars 2011, poursuit-elle, le mobile apporte des briques supplémentaires, et interface homme-machine très bonne. L’objectif est d’optimiser et de démocratiser les services, en coexistence avec le QR code. Nous voulons aussi développer des informations touristiques, la billétique, et coupler certains services avec la géolocalisation ». Le NFC sort enfin de son ghetto de geeks et de testeurs ?