mercredi, 25 janvier 2017 14:28

« Small cells » et DAS : vers une connectivité totale et mobile

Écrit par  Gaëtan Le Bouëdec, Country Manager de Cellnex France

Si internet a considérablement modifié nos sociétés depuis son émergence au milieu des années 90, les smartphones et le haut-débit ont encore accéléré la mutation que connaît notre monde. Au-delà d’un accès quasi généralisé à internet, les usages se sont profondément modifiés. L’usager s’attend désormais à pouvoir se connecter quel que soit l’endroit où il se trouve. Dans nombre de pays occidentaux, l’accès à internet depuis un mobile dépasse allègrement les connexions via un ordinateur. L’internaute est de plus en plus souvent un mobinaute. Une mutation rendue possible par de très lourds investissements qui ont permis le déploiement généralisé d’infrastructures de télécommunication 3G et 4G sur nos territoires.

Pourtant, nous n’en sommes qu’aux prémices d’un phénomène qui devrait connaître une nouvelle accélération avec l’arrivée de la 5G : une connectivité de meilleure qualité, plus rapide et capable de gérer des volumes de données inédits. Mais ne nous méprenons pas. Le succès ne pourra être au rendez-vous que si tous les acteurs de ce déploiement, pouvoirs publics, opérateurs télécom et opérateurs d’infrastructures s’accordent pour en faire une réussite. L ‘expansion des « small cells » devrait permettre d’y parvenir.

 

Toujours plus de connectivité

Les usagers ont une exigence. Celle d’une connectivité de tous les instants et de tous les endroits. Là où il apparaissait jusque-là « normal » de ne pas avoir de « réseau », de ne pas pouvoir passer d’appel téléphonique et a fortiori de consulter ses emails, il est désormais inacceptable pour eux de ne pas pouvoir regarder de vidéos, lire les médias ou interagir sur les réseaux sociaux. C’est vrai dans le métro, dans le train ou dans un stade de football.

Le développement fantastique des smartphones qui a accompagné cette révolution n’aurait pu être possible sans les investissements colossaux réalisés pour mettre en place les infrastructures de télécommunication capables d’absorber et de diffuser des volumes de données entrés dans une nouvelle dimension. Nous sommes aux prémices d’un phénomène qui promet de s’accélérer encore avec l’apparition et la généralisation de nouveaux standards de haut-débit comme la 5G.

Les « small cells » et le DAS pour une connectivité renforcée
Avec les « small cells » et le DAS (Système d’antenne distribuée), la marche vers une connectivité totale et mobile devient possible. Grâce à cette technologie, contenue dans des boitiers de la taille d’un livre, il est désormais possible de répondre à l’exigence majeure des usagers : accéder à un réseau de qualité quel que soit l’endroit, la fréquentation du lieu et l’heure de la journée. Placés à des points stratégiques, les « small cells » seront la garantie d’un réseau haut-débit stable et fiable, sur votre trajet de métro, dans des endroits très denses comme un stade ou une salle de conférence.

De nombreux experts estiment d’ailleurs que la densification des réseaux et la multiplication des « small cells » sera le principal vecteur de croissance du marché des télécommunications et particulièrement sur celui des infrastructures de télécommunication dans les années à venir.

 

Un enjeu pour l’Europe : la densification des réseaux

L’enjeu de la connectivité haut-débit est un enjeu majeur en France et à l’échelle de l’Europe. Celui de répondre au mieux aux attentes des consommateurs mais aussi, pour les pouvoirs publics et les entreprises, de rester compétitifs et de garder la main dans une économie en pleine digitalisation. C’est d’autant plus vrai dans les grandes zones urbaines où les « small cells » et le DAS offrent une solution à ce défi.

D’ici 2020, les 5 pays les plus peuplés de l’Union Européenne devraient déployer entre 200 et 500 000 « small cells » sur leur territoire. Le chemin à parcourir est donc de taille. D’autant que nos pays restent peu avancés sur ce terrain si on les compare aux Etats-Unis, au Japon ou même à la Chine. Tous les acteurs du secteur sont convaincus que le moment est venu pour le déploiement d’infrastructures permettant une plus grande capillarité et accessibilité des réseaux. L’arrivée de la 5G devrait encore accélérer ce mouvement. Son succès en tous cas en dépend.

 

L’enjeu de la mutualisation et de la rationalisation

On l’a vu, l’exigence de tendre vers une connectivité totale en s’appuyant sur les « small cells » passe par de très lourds investissements dans les prochaines années. De la part des pouvoirs publics, des opérateurs et notamment des opérateurs d’infrastructures de télécommunication. Mais le succès passera aussi par plus de rationalisation et de mutualisation des infrastructures. C’est d’autant plus vrai avec les « small cells » qui, aujourd’hui, restent des dispositifs mono-opérateurs. Mettre en place des infrastructures multi-opérateurs, bien qu’impliquant de trouver au préalable le meilleur modèle opérationnel et commercial, semble donc une autre clef pour parvenir à une connectivité totale.

Si le développement des « small cells » et le DAS promet d’être un vecteur majeur du développement de la connectivité haut-débit et mobile dans les zones urbaines d’Europe, la situation reste plus complexe pour les zones moins denses et excentrées. Dans certains cas spécifiques, les « small cells » offrent des solutions pour les zones rurales. Mais ici, l’enjeu dépasse largement celui de leur déploiement qui reste avant tout une opportunité pour les régions à forte densité.

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