jeudi, 06 juillet 2017 14:26

L’itinérance, un sujet télécom complexe pas toujours compris par les entreprises

Écrit par  Par Christian Cor, directeur associé de l’éditeur français Saaswedo

Alors qu’est entrée en vigueur, depuis le 15 juin, la nouvelle réglementation Européenne sur l’itinérance, il est fondamental de revenir sur la perception qu’en ont aujourd’hui les entreprises. Les impacts exacts sont loin d’être clairs et identiques pour toutes les entreprises. Et cette nouvelle réglementation ne règle qu’un petit aspect de la problématique.

L’évolution des usages.
L’itinérance s’est largement banalisée, à travers de nombreux usages différents, pour le meilleur comme pour le pire. Forfaits « illimités », connexion permanentes à des réseaux sociaux, consommation de vidéos… Les habitudes venues du marché grand public entrent massivement dans l’entreprise et l’utilisateur ne fait pas forcément attention… L’entreprise en paye souvent le prix fort.

Les évolutions des offres disponibles pour les entreprises.
Les offres « illimitées », pour lesquelles il existe un fair-use auquel succède soit des frais supplémentaires, soit une limitation de la bande passante disponible, existent déjà depuis quelques années. Les opérateurs n’ont pas attendu : ils ont anticipé pour faire évoluer leur philosophie vers la pratique des frais supplémentaires. Pour les entreprises, cela contribue à rendre le risque financier plus sensible. La mise en place des nouvelles règles européennes, va en ce sens surtout permettre un effet marketing du type « on vous ouvre la gratuité à de nouveaux pays ». Les appels « voix » vers l’international (depuis la France vers les pays Européens) ne sont pas concernés par ces évolutions réglementaires et sont toujours sujet à facturation. Sur le plan de la Data, la nouvelle réglementation oblige à rester très vigilant car les risques de dépassement sont toujours possibles. Encore des raisons de bien informer les utilisateurs, pour que chacun comprenne les limites de son forfait.

Quelques recommandations pour les collaborateurs d’une entreprise
L’un des premiers faits à prendre en considération est que les collaborateurs qui voyagent peu sont plus prompts à exposer l’entreprise à des frais d’itinérance très élevés, car ils ne modifient pas leurs usages. Les statistiques évoquent qu’un tiers des surcoûts seulement proviennent toujours des mêmes utilisateurs. Autrement dit, le sujet ne concerne pas seulement les voyageurs d’affaire chevronnés. Les entreprises peuvent passer de nombreuses recommandations et mettre en place des systèmes pour maitriser les usages télécoms à l’étranger. L’enjeu principal est de trouver le bon équilibre entre la liberté que l’on peut laisser aux collaborateurs et le contrôle.

Les surcoûts entrainés sont-ils au final si important?
Oui, il y a de nombreux exemples de « bill shock » dont les montant sélèvent à des dizaines de milliers d’euros pour un seul collaborateur. Mais au-delà des montants concernés, la question prioritaire pour une entreprise est celle de la transparence et de la capacité à prévoir les variations importantes que provoquent ces frais supplémentaires. Le problème devient de plus en plus notable parce que les volumes et les usages se sont démultipliés.


Le rôle des Directions des systèmes d’information
Malheureusement, elles ne sont globalement pas assez préparées à cela. Les forfaits mis en place, il y a déjà quelques années, ne sont tout simplement plus adaptés aux nouveaux usages de consommation data. Les DSI sont par ailleurs mal équipés pour distinguer les usages personnels, des usages professionnels. Sans s’intéresser aux détails des communications, l’idée est de comprendre la répartition des « grands blocs » d’usage des collaborateurs : est-ce qu’on est dans du 50/50 ou dans du 80% pour les usages personnels ? La capacité à être informé est essentiel pour pouvoir prendre les bonnes décisions : ils en ont l’habitude sur d’autres aspects de leurs métiers de DSI. Ce défaut d’information est devenu criant ces derniers mois sur la partie des télécoms.

Il s’agit donc d’aller plus loin que de seulement gérer les impacts de l’itinérance…
Les frais d’itinérance sont souvent la partie la plus visible du problème mais le fond du sujet est bien la capacité d’adaptation générale de l’entreprise aux nouveaux usages télécoms de ses collaborateurs. Ces nouveaux usages de mobilités ont aussi des impacts bien réels au niveau national. En se préparant à l’un, on se met en ordre de marche pour gérer l’autre.

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